Les technologies liées au transport intelligent, ça vous parle ? Aujourd'hui on vous parle de YoGoKo qui va vous en dire plus sur ce concept...

Pour ce nouvel interview, j’ai le plaisir de recevoir Joëlle Ensminger, Sylvain Hamon et Maud Flahault de l'équipe marketing & business development de YoGoKo.

Qui êtes-vous, la team YoGoKo ? Comment et quand le projet est-il né ?

YoGoKo a été créée en 2014 par Thierry Ernst (CEO), Emmanuel Thierry (CTO) ainsi que deux autres associés chercheurs. Si l’entreprise a vu le jour en 2014, en réalité cela faisait plus de 10 ans que les entrepreneurs étudiaient les sujets liés aux systèmes de transport intelligent ! L’IoT, et d’une manière générale « tout ce qui peut permettre de faire passer les données d’un objet à un autre (objet mobile tel qu’un véhicule, deux roues, infrastructure urbaine…), c’est ce qui a toujours animé les fondateurs de YoGoKo ».

Les activités de la startup s’articulent autour de la conception et du déploiement des technologies de connectivité pour les nouveaux services de mobilité. Elle rend possible l’échange de données de manière « sécurisée, durable et responsable », en proximité ou à distance (grâce aux réseaux de communication cellulaires, WiFi, Bluetooth) et contribue ainsi à la sûreté et à l’efficacité du transport (des biens et personnes) et des nouveaux services de mobilité (véhicules connectés, coopératifs).

La solution logicielle Y-SMART sur laquelle est basée YoGoKo s’applique à plusieurs secteurs : Smart city & mobility, transport, OffRoad, automobile…YoGoKo has no limits ! L’ambition de la startup est de « devenir la référence en matière de mobilité intelligente et coopérative, à l’échelle internationale ».

Combien de collaborateurs compte aujourd’hui YoGoKo ? Où est-ce qu’on peut vous rencontrer ?

Niveau effectif, YoGoKo compte aujourd’hui une vingtaine de personnes. La startup, qui compte sur une accélération de son développement cette année, s’apprête à accroître ses effectifs.

YoGoKo est domiciliée en région rennaise où l’écosystème technologique dans lequel évolue la startup est « extrêmement riche . A ses débuts, la startup était hébergée à Télécom Bretagne (aujourd’hui IMT Atlantique), puis par la pépinière de Rennes Métropole. Elle a à présent emménagée dans ses propres locaux, flambant neuf, à Cesson-Sévigné et à 10 minutes de la gare de Rennes par la nouvelle ligne de métro. YoGoKo dispose également de locaux en région parisienne, plus proches des acteurs de la mobilité et de nombreux clients et partenaires.

Avez-vous été accompagné pour lancer votre entreprise ?

La création de l’entreprise a été soutenue par trois laboratoires français de renommée internationale dans le domaine des technologies de l’information et de la robotique mobile : Télécom Brertagne, Inria Rocquencourt et l’École des Mines de Paris. C’est la combinaison de ces deux domaines de compétences qui a permis de développer un démonstrateur de plateforme logicielle pour le véhicule connecté, coopératif et autonome dans le cadre d’un programme d’incubation financé par Telecom Bretagne et l’Inria.

La société ayant été domiciliée à Rennes dès sa création, nous avons bénéficié du soutien de l’ensemble de l’écosystème Breton, à commencer au départ par le Poool, Initiative Rennes, Bretagne Commerce International, puis Rennes Métropole et la Région Bretagne dans le cadre de programmes de R&D. YoGoKo est également ancrée dans son territoire, dont l’étendue va de la région parisienne à la Bretagne, via sa participation aux activités des pôles de compétitivité ID4CAR (Hub de référence des filières véhicules et mobilités), Systematic et NextMove.

Aujourd’hui, où en êtes-vous et comment comptez-vous vous développer ?

« L’année 2022 va être synonyme d’une grande période d’accélération car les marchés de la connectivité et de la télématique embarquée sont en plein boom. » nous précise Joëlle. Le Covid a entre autres mis en lumière le besoin urgent d’accélérer la connectivité entre les objets liés aux nouvelles mobilités.

Sylvain part d’un constat pour poursuivre sa réponse : « En 2022, on prévoit encore 25000 décès par an sur les routes européennes, ce qui représente des enjeux énormes pour YoGoKo : nous, ce qu’on veut c’est un objectif 0 décès ».

« Il n’y a pas forcément plus de véhicules (enfin si, au niveau mondial), en revanche il y a beaucoup de transformations dans les mobilités. Ceci devient de plus en plus complexe et engendre le fait qu’il va être important de rajouter cette « couche de connectivité » pour mieux gérer le trafic, le nombre d’objets et de micro-mobilités dans la vie de tous les jours. »

Sylvain poursuit avec ce constat : « On va passer d’un monde très individuel vers un fonctionnement de plus en plus collaboratif : il y a une notion de coopération très importante dans la manière dont on voit les choses. » L’entreprise veut déployer encore plus de connexions entre les véhicules, et d’une manière générale dans tous l’écosystème pour éviter les accidents et permettre à tout l’environnement des usagers de la route et des infrastructures de fonctionner de la manière la plus fluide possible. « On souhaite tout simplement faciliter la vie des gens et apporter plus de sécurité sur la route ».

Pour ce faire, puisqu’à un certain moment « l’humain arrivant au bout de ses efforts », le besoin d’automatiser de plus en plus de tâches se fait ressentir : l’entreprise a pour ambition de lever des fonds pour poursuivre sa R&D.

Cette année, le mot-clé est aussi l’internationalisation : la levée de fonds est l’un des forts enjeux de la startup pour un développement optimal de activités en France mais également en Asie, Amérique du Nord et d’autres continents où YoGoKo est déjà présente via quelques déploiements et coopérations, mais sans antenne.

Côté ressources humaines, « on recrute constamment : on poste régulièrement des annonces sur les réseaux » nous confie Joëlle. Candidat.e.s : soyez à l’affût des offres, ça recrute chez YoGoKo !

Qui sont vos clients ? Sur quel périmètre géographique êtes-vous établi ?

La startup a des clients aussi bien dans le domaine public que dans le privé. L’un des clients historiques qui a permis de « propulser la startup » est la DIRO (Direction Départementale des routes de l’Ouest). YoGoKo a équipé plusieurs centaines des véhicules de sa technologie pour qu’ils puissent échanger entre eux, prévenir des dangers sur la route grâce à un système de transport intelligent collaboratif (C-ITS). Un déploiement massif à eu lieu dans l’ouest, puis sur tout le territoire français qui depuis a équipé l’ensemble de ses opérateurs routiers.

YoGoKo a tout un panel d’acteurs divers et variés dans ses clients parmi lesquels on retrouve des acteurs ferroviaires, des opérateurs routiers ou encore des constructeurs d’objets d’infrastructures (feux de signalisation par exemple), de navettes autonomes ou de développement de solutions de sécurisation des tunnels.

Au-delà de la France, d’autres pays européens ont fait appel à la startup pour des besoins similaires. Côté international, ça bouge ! YoGoKo a déjà des clients en Asie et travaille avec Business France sur son rayonnement international dont le développement en Amérique du Nord. YoGoKo a notamment participé au programme d’accélération UbiMobility et expose ses solutions depuis 2018 sur l’incontournable CES de Las Vegas (Pavillon France automotive) où l’entreprise a par ailleurs…rencontré des entreprises bretonnes avec qui elle travaille aujourd’hui !

Est-ce que vous êtes sur un marché concurrentiel ? Comment vous démarquez-vous ?

La startup rencontre deux types de concurrents : ceux qui viennent du domaine des infrastructure et ceux qui sont issus du domaine de la connectivité des véhicules. En France comme à l’étranger, de plus en plus d’entreprises se développent dans ce domaine (Europe, Amérique, Australie), néanmoins « le marché est suffisamment grand pour tout le monde, c’est un marché qui démarre » nous indique Sylvain.

Au début, YoGoKo proposait ses solutions essentiellement à des centres de recherches ; on peut notamment citer Vedecom qui a bénéficié des solutions de YoGoKo dès 2015 pour sa plateforme de démonstration de véhicule connecté, coopératif et autonome. Aujourd’hui, elle est plus axée sur les déploiements pilotes, ce qui confère à l’entreprise une place particulière d’actrice à part entière de l’interopérabilité des systèmes de transport intelligents et coopératifs. Les fondateurs font d’ailleurs partie d’un groupe d’experts au sein des organismes de normalisation et participent ainsi à l’écriture des normes de demain.

Ce qui fait sortir du lot YoGoKo par rapport à la concurrence ? Le fait d’être une petite structure, agile, portée par un écosystème riche et fructueux en termes de collaboration.

Le mot de la fin : Quelles-sont les valeurs de YoGoKo ?

YoGoKo a une sorte d’ADN lié à son produit, gravitant autour de la confiance, l’innovation, l’agilité, et le côté responsable aussi. La coopération est le mot clé. Mais pas que ! « La coopération, l’échange et le fun » présents au sein de leur équipe font de l’entreprise ce qu’elle est aujourd’hui.

Les collaborateurs qui composent YoGoKo sont en effet la force de l’entreprise : la startup a à cœur de souder ses équipes. Une chose est très importante : que les salariés se sentent bien dans l’entreprise, pour devenir des ambassadeurs de YoGoKo et attirer des gens de l’extérieur, donner une image positive. « On le sent quand on vient dans les locaux rennais : il y a un bon esprit » nous confie Joëlle.

YoGoKo